La cueillette des cerises

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Petits, entre cousins, nous nous retrouvions souvent pour la journée après l’école au même pied-à-terre. Une de nos joies dans cette maison était que nous pouvions souvent cueillir certains fruits, dont les cerises, à même l’arbre.

Ces petits fruits rouges juteux et parfois acidulés qui faisaient notre joie nous valaient bien des réprimandes. Nous ne devions pas nous approcher des cerisiers parce qu’ils grattaient. Nous ne devions pas tenter d’en cueillir les fruits parce qu’ils regorgeaient de fourmis rouges aussi nombreuses que les fruits qui en garnissaient les branches. Nous ne devions pas trop tirer sur les branches car nous risquions de les casser ou de tuer l’arbre, et patati et patata… Nous connaissions si bien la chanson que nous prenions rarement les adultes au sérieux.

En fait, ces menaces en l’air proférées à haute voix ne faisaient qu’augmenter notre joie et notre acharnement contre l’arbre dont nous tirions les branches frêles pour accéder aux fruits. Nous arrivions d’ailleurs assez souvent à cueillir nos cerises sans démangeaisons et sans nous faire piquer. Les rares fois que ça arrivait, les cerises que nous engloutissions étaient comme un baume à notre douleur surtout que notre mission était d’en cueillir et d’en manger assez avant la récolte pour le jus de cerises qui ne nous en laisserait pas du tout.

Nous savions, en effet, que les adultes ne nous interdisaient ces cerises qu’en prévision du jus qu’ils comptaient préparer. Si nous les cueillions avant ils n’en trouveraient pas assez; car, lorsque nous nous mettions tous de la partie – nous n’étions jamais moins de six à nous acharner contre les deux malheureux arbres qui perdaient feuilles, fleurs, branches et fruits à notre contact – nous n’en laissions pas assez sur l’arbre. La ration de jus s’en retrouvait donc réduite. Vous comprenez donc qu’il nous fallait attaquer l’arbre avant.

Ce que les adultes ne savaient pas est que nous aimions aussi les cerises vertes, tel était mon cas en tout cas. Et oui, j’avais tendance à aimer les fruits verts comme le dit si bien mon article sur les goyaves vertes.

Nous nous acharnions tant contre ces fruits que nous avions aussi notre petit jeu à nous. Si vous connaissez nos cerises des Antilles, vous savez qu’elles ont en général une petite tige verte qui reste attachée au fruit – comme l’illustre la photo – et qui ne s’enlève pas toujours facilement. Lorsqu’elle s’en détache en entier, cette petite tige est semblable à une petite fleur. Nous jouions donc parfois à qui aurait plus de ces petites fleurs. Ces petits riens qui fascinent un enfant.

J’avoue qu’aujourd’hui encore, j’enlève ces tiges avec joie. Et je m’acharne encore à manger autant de cerises que possible lorsqu’on en ramène à la maison avant qu’elles ne soient transformées en jus.

Et vous, comment consommez-vous vos cerises ?

5 Comments:

  1. Martine Romain Megie

    Elle prefere encore les fruits et elle le dit. C’est pourquoi elle devancait la cueillette des adultes;

    J’ajoute hors contexte, que lire Annick vous fauche votre matinee de travail. C’est vraiment faire de l’ecole buissonniere. Mais j’avoue que c’est bon et peut etre recommande comme anti-stress. Elle ramene chacun de ses lecteurs a un doux souvenir d’enfance… une balade, un jeu collectif…

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