La vie à la montagne

| 1 commentaire

Regardez cette image. Imaginez des plantations s’alignant au flanc de ces montagnes…Pensez choux, pommes de terre, maïs et autres cultures …Autant de plantations agricoles que de successions de montagnes…

Pensez aussi à une enfance passée à observer ces hommes et femmes jardiniers à l’œuvre alors qu’ils préparaient le sol pour leurs semences ou qu’ils récoltaient les fruits de leur dur labeur quelques semaines plus tard… Arrivez-vous à projeter cette image ?

Tel était le tableau qui se présentait à moi durant mon enfance. Qu’il s’agisse du terrain d’à côté ou des mornes avoisinants que nous visitions lors de nos longues marches, j’ai toujours été entourée de potagers, comme le mentionne entre autre mon article lakou lakay, dont la culture faisait en fait partie de ma vie quotidienne. J’avais rarement besoin de jeter un coup d’œil par la fenêtre pour savoir que les abitan de la zone étaient au travail dans leur jardin. Ils étaient assez souvent mon réveil matin, d’ailleurs.

En effet, dès l’aube, nous entendions le bruit de leur râteau ou serpe qu’ils inséraient d’un rythme saccadé dans la terre qu’ils labouraient. Cette douce chanson du matin était par moment interrompue de brèves conversations que nous entendions à notre sortie du lit.

Ces jardiniers, notamment ceux dont les plantations sont au flanc de montagnes abruptes, m’ont toujours impressionnée. Ils arrivaient toujours – et arrive encore dans certaines zones – à tracer ces terres de manière à ce que des lignes parallèles se dessinent dans le sol. Ce sont de véritables artistes dessinant un tableau impressionnant susceptible de vous laisser sans mots.

Je me rappelle encore nos conversations muettes devant ce spectacle qui s’offre à tous sur certains de nos mornes, des conversations qui se terminaient le plus souvent avec les mêmes questions. Nous nous demandions tous comment ces jardiniers arrivaient à garder leur équilibre sur ces pentes abruptes.

Tels furent les souvenirs qui me vinrent à l’esprit alors que j’observais de loin certains de nos flancs de montagnes que je n’avais pas vu il y a longtemps.

Cette vue m’a permis de réaliser la chance que j’ai eue de pouvoir expérimenter la vie dans les montagnes d’Haïti, une vie qui tend à changer mais qui marque certainement ceux qui l’ont connue.

One Comment:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *