Les éternels diners de famille

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Tant d’agréables souvenirs se cachent derrière cette table réalisée il y a quelques mois pour célébrer mes 30 ans.

Je ne peux cependant m’empêcher de sourire à l’idée qu’une telle photo sur ce blog vous choque certainement. Vous devez être surpris que je la partage sur un blog qui se vante d’être dédié à la cuisine haïtienne.

A ceux d’entre vous qui partagent cette idée, je dirai simplement que ce festin mérite une place sur Tchakayiti. Il est un exemple de notre riche culture culinaire.

Derrière ces plats en apparence éclectiques, se cache une touche locale. Je ne saurais prétendre pouvoir me dissocier complètement des saveurs de mon terroir avec lesquelles j’ai grandi. De nombreux chefs locaux en diront autant j’en suis certaine. Comment, par exemple, cuisiner sans notre fameux piment bouc ?

Par ailleurs, nombreux sont les plats de chez nous à être inspirés d’ailleurs. Prenons les fameux mèchi de mon article Chou, Mèchi et 7 femmes chef. Il s’agit d’un exemple concret de l’influence arabe sur notre culture culinaire.

Certains pourraient en dire autant de mes fameuses marinades aux écrevisses. Ne s’apparentent-elles pas à ce qu’on appelle ailleurs beignets d’écrevisses ? C’est fort possible, avec la seule différence que la recette que j’ai partagée avec vous utilise la même pâte que celle de nos marinades au poulet.

Je ne m’attarderai pas à lister ces nombreux plats qui nous viennent d’ailleurs. Vous en retrouverez certainement un bon nombre au fil de mes écrits sur ce blog.

Aujourd’hui, je veux plutôt vous peindre un tableau des festins similaires à celui de la photo ; festins si répandus chez nous.

Autant que je m’en souvienne, nous avons toujours eu des diners de famille. Fêtes, anniversaires, réunions du dimanche, occasions spéciales et moins spéciales, toutes les excuses sont bonnes pour s’offrir du bon temps entre famille et amis autour d’un merveilleux repas.

Je souhaite honorer ces diners de famille traditionnels que j’ai grandi à aimer et détester. Durant mon adolescence, être constamment entourée de membres de la famille ne faisait pas ma joie. Après mon séjour à l’étranger, j’ai cependant compris leur importance dans le quotidien, et pourquoi ils sont si ancrés dans notre culture et nos traditions.

Ces diners sont une occasion pour les membres de la famille de garder contact et aussi de se détendre après une longue semaine.

En ce qui à trait à ma famille, nos diners sont animés de blagues et de taquineries qui contribuent à une atmosphère conviviale.

Comment ne pas apprécier ces discussions amicales liées à un plat spécifique comme par exemple ce fameux accras qui fut coupé en trois morceaux pour une leçon sur le partage – si vous avez raté cet article, je vous le recommande vivement – ou encore cette tête de porc en vinaigrette englouti en quelques secondes.

Tant de souvenirs à chérir ; tant de chefs dont la cuisine agrémente ces festins. Avec plus de sept amateurs chefs dans une même famille, nous avons bien des cuisiniers dont la nourriture vaut ces taquineries.

Je suis certaine que d’autres familles haïtiennes ont des expériences similaires. Après tout, la nourriture est au centre de la majorité des évènements de chez nous.

2 Comments:

  1. Missmo

    A mon avis ce qui fait la richesse de notre cuisine est sans doute l’apport des cuisines d’ailleurs. C’est ce qui fait également notre richesse. Notre facilité à nous adapter, à aimer ce que fait l’autre sans oublier ce qu’on est. Ici en Guadeloupe quand je reçois, il y a souvent du « riz djon djon » à table avec d’autres plats guadeloupéens et européens. Un bon repas entouré de ceux qu’on aime il n’y a rien de meilleur.

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