Galette des Rois Frangipane, a tradition in many Haitian families to celebrate Epiphany | tchakayiti.com

Galette des Rois

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C’est une Reine qui vous écrit aujourd’hui, enfin Reine pour l’espace d’une soirée.

Je l’ai eu encore une fois, en deux années consécutives, cette fève enfouie dans notre galette. J’ai bien sûr été accusée d’avoir triché car c’est moi qui l’ai commandée cette année, notre galette. Je ne peux trop leur en vouloir pour leur jalousie car, jadis, j’ai eu moi aussi des doutes concernant la légitimité de la couronne que recevait mon père lorsque nous étions petits.

Durant des années, mon père était le seul à trouver la fève cachée dans la galette, et ce dès les premières tranches, à croire qu’il avait accès à la cuisine de la boulangerie où nous nous procurions nos galettes. Il faillit même briser la fève une année en insérant trop fort le couteau pour couper la première tranche.

Au fait, il avait sa technique à lui. Enfin c’est ce qu’il nous laissait croire. Il s’amusait à tourner et retourner la galette sur elle-même tout en la tapotant avec la pelle avant de faire le choix de la première tranche. Et cette tactique marchait bien car, à travers les ans, lune, petits bonhommes, mouton s’ajoutèrent à sa collection de fèves.

J’ai toujours aimé la galette des Rois.

Nous en commandons une chaque année le 6 janvier à l’occasion de l’Epiphanie. Chez nous, nous avons des galettes frangipanes donc à base de pâte d’amande. Par tradition, on y insère une fève et celui qui la trouve est alors couronné. Dans certaines cultures, dont celle de la Louisiane, le couronné se doit de ramener une galette à la prochaine rencontre, et ainsi de suite jusqu’au Mercredi des Cendres. Apparemment, en Haïti, nous avions aussi cette pratique autrefois, mais je ne l’ai pas connu moi.

Je me rappelle encore la toute première fois où j’ai finalement été couronnée Reine. Je crois que mon père avait peut-être glissé la fève dans ma tranche cette fois-là, mais je ne me plaindrai pas. Je l’ai beaucoup chérie ma première fève. Il s’agissait d’un petit bonhomme portant une tenue rose et verte luisante, petit bonhomme que j’ai longtemps gardé et que j’ai peut être encore quelque part. Si je le retrouve je promets de partager une photo.

J’avais donc peut être aussi triché avec l’aide de mon père à cette époque, mais cette année je vous garantis que je ne l’ai pas fait. Je n’ai pas triché, sauf qu’au dernier moment j’ai troqué ma tranche contre celle que devait avoir ma sœur… ne le lui dites surtout pas!

Ah, que j’aime nos galettes! Elles nous amènent toujours un petit moment de gaieté à la maison et elles sont excellentes un matin comme celui-ci pour accompagner ma tasse de café.

Si vous n’en avez jamais goûté, je vous encourage à le faire. Vous ne le regretterez pas.

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