Ma grand-mère, mon cordon bleu

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Hier, alors que j’explorais encore une fois les montagnes de Furcy, je ne pus résister à la tentation de m’arrêter pour prendre en photo cette fleur sauvage qui poussait au milieu d’un jardin de pois congo.

La vue de cette végétation m’a instantanément portée à penser à ma grand-mère cordon-bleu et à mes aventures dans sa cour.

Ce cordon bleu, vous l’avez rencontré en maintes fois sur ce blog. Nombreux sont mes articles qui mentionnent ses spécialités et mes escapades dans sa cour perchée au haut d’un morne, ce morne que nous considérions comme « nôtre » mes frères et sœur et moi durant notre enfance.

Vous ne retrouverez donc pas un plat ou produit spécifique et non plus de recettes dans cet article, mais plutôt un récapitulatif célébrant ma grand-mère.

Son départ récent nous a tous réunis, oncles, tantes, cousins, cousines, amis chez elle, dans ce même salon timidement illuminé où elle nous recevait autrefois autour de son tchaka. Nous y avons chacun partagé nos souvenirs d’elle, notamment ses spécialités culinaires.

Les uns parlèrent de leur pâté préféré, son pâté à la cervelle; les autres de cette même viande qu’ils furent forcés de manger lors d’un premier diner chez elle, trop embarrassés d’avouer à cette hôtesse parfaite, dont on leur avait vanté les talents culinaires, que son menu ne faisait pas la joie de leurs papilles. D’autres évoquèrent des recettes familiales transmises d’une cousine à une autre.

Assise sur ma chaise à les écouter, je ne pus moi-même m’empêcher de faire un retour en arrière pour me remémorer les merveilleuses aventures vécues dans cette maison ainsi que les concoctions uniques de ma grand-mère, préparations qui faisaient ma joie lorsque j’étais enfant.

C’est chez elle que j’ai appris, pour son plus grand désespoir, à faire glousser incessamment les dindes; à escalader les mornes à la découverte de mère nature. De sa cour, j’ai assisté à beaucoup de semences et de récoltes. Je l’ai aussi vue marchander un morceau de viande de celle qui venait religieusement lui vendre du gibier frais. Je revois encore cette marchande s’installant à même le sol sur le perron avec sa cuvette rouge pleine de viande.

Dans sa cuisine, j’ai regardé avec fascination écosser des pois congo; bu du dlo diri à même la casserole. J’ai aussi souvent vu une casserole de lait de vache frais mijotant sur le feu, et découvert avec surprise que ce même lait s’utilisait pour faire du beurre maison que nous dégustions avec du pain frais.

Comment oublier sa confiture d’abricots unique en son genre, son bonbon sirop que nul ne saura remplacer, son tchaka du samedi soir imprégné de saveurs de viande fumée salée, son gigot de porc, ses bocaux remplis de piments qui ont certainement plu à cet oncle  dont je vous décris le visage rouge pourpre dans un de mes articles.

J’ai désormais tant d’histoires à raconter, tant de souvenirs à partager, tant de recettes à essayer. Des saveurs uniques à elle, des plats imprégnés d’amour…

Toutoune, pour tant d’amour…Merci!

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