Papita, gou lari a

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Chaleur, école, sel, excitation sont les souvenirs qui me reviennent à la vue de ces petits snacks qui jadis tentaient nos papilles d’enfants après les cours et faisaient certainement la ruine des parents.

Ces snacks, que nous achetons aujourd’hui au supermarché, je les ai aperçus au loin il y a quelques semaines en plein embouteillage, dans le panier d’un vendeur ambulant, tout comme je les voyais autrefois. Et je me suis revue écolière en uniforme suçant un sachet en plastique pour en savourer les dernières miettes mélangées à des grains de sel.

C’était une joie pour moi de manger ainsi le restant des sachets de papita que nous achetions à l’époque devant le portail principal de l’école où se tenait religieusement un vendeur ambulant tous les après-midi à la sortie des cours.

Je nous revois encore, mes camarades de classe et moi, toutes excitées de finalement pouvoir franchir la porte de sortie après une dure journée, nous amassant autour de ce vendeur qui avait beaucoup de succès, certainement au désespoir des parents venus nous récupérer après les cours.

En effet, sa présence était l’occasion pour chacune de nous de réclamer de nos parents la somme nécessaire pour l’achat de papita. Tour à tour, nous tendions au vendeur les 3 gourdes et plus tard 10 gourdes – obtenues après maintes supplications – en échange d’un sachet de papita dont le contenu disparaissait aussitôt.

Je me rappelle encore ces petits sachets attachés de ficelle que nous ne prenions jamais le temps de défaire. Trop impatientes d’en engloutir le contenu, nous percions un trou du doigt pour en extraire les longs morceaux de papita. Une fois les morceaux engloutis, nous retournions le sachet sur lui-même pour être certaines de ne laisser aucune miette comme je le décris plus haut.

Pour ceux d’entre vous qui ne les connaissent pas, les papita sont des chips qui se préparent principalement à partir de la banane mais que l’on retrouve aussi à base de pomme de terre et aujourd’hui de lame véritable et même de patate douce qui s’ajoutent au répertoire de saveurs.

Ces vivres sont coupées en fines lanières que l’on fait sécher avant de les frire dans une huile bien chaude. Il en résulte des chips croustillantes que l’on agrémente de sel avant de les mettre en sachet. Sous l’effet de notre chaud soleil de la Caraïbes, les papitas des vendeurs ambulants se réchauffent et les sachets s’imprègnent encore plus du sel dont je me délectais, ce qui à mon avis leur donne un goût particulier que je choisis d’appeler gou lari a (goût des rues).

Un goût qui ne se retrouve pas dans les sachets vendus en supermarché. Et j’avoue que la nostalgique qui vit en moi pense toujours à ce goût d’antan, à ce gou lari a.

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