Piment, rouge comme une tomate

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Imaginez que vous êtes à table avec un type rouge comme une tomate dont la sueur dégouline dans son assiette pleine…Imaginez qu’il est dans un tel état parce qu’il adore les piments piquants…Imaginez qu’il aime ce qui à vos yeux est une torture…Et maintenant imaginez-vous à 5 ans assistant à un tel spectacle, car un spectacle ç’en est un ! Seriez-vous dégoutés ou fascinés?

Je pense avoir toujours vu mon oncle dans cet état lorsque nous mangions chez lui, petits. Au début j’étais dégoutée, mais avec le temps ce spectacle devenait fascinant. Le fait qu’il choisissait d’avoir un palais brûlant et qu’il aimait la chaleur supplémentaire que lui apportait le piment dans une maison où la température était elle-même si chaude que l’on y transpirait sans effort, m’intriguait. Je trouvais ces épisodes amusants car ma tante lui mettait à tous les coups une serviette en papier sur le front, et il la gratifiait d’un regard lui signifiant que la sueur dans sa nourriture ou son geste ne le dérangeaient point.

Cette anecdote doit être la meilleure liée au piment bouc que j’aie, et des anecdotes pimentées j’en ai ! La raison en est simple, le piman est au cœur de notre cuisine Haïtienne et définitivement de ma famille.

Le piman est en effet aussi populaire dans les cuisines Haïtiennes que le sel. Ecrasé au pilon ; cuit entier dans notre viande, nos fruits de mer, notre sos pwa ou encore notre diri kole ; en rondelles dans notre pikliz, ajouté à notre viande grillée ou dans notre sauce Ti Malice, le piment bouc fait la personnalité de notre cuisine. Il est non seulement coloré – nos piments ont différentes teintes de rouge, vert et orange – et a une forte saveur, mais il a également un arôme qui s’intègre parfaitement à nos plats ; un arôme que je ne trouve toujours pas dans d’autres variétés de piments. Mais attention, un piment qui éclate dans votre repas en cuisson ou dans votre diri kole, risque de vous faire appeler les pompiers !

J’appréciais justement l’arôme fort de nos piments bouc assez récemment alors que je préparais la sauce Ti Malice partagée sur le blog. L’odeur du piman sous mon pilon mélangée à celle de l’ail chatouillait mes narines. Elle annonçait que mon palais serait enchanté aussitôt que ce mélange piquant le toucherait. En effet, cette sauce était tout ce à quoi mes papilles s’attendaient ; le condiment parfait pour complémenter notre griot et nos lames veritables pesées.

Je n’ai toutefois pas transpiré comme mon oncle ; je ne le fais jamais. J’ai peut-être été intriguée à 5 ans mais pas à ce point! Je suis peut être victime consentie de ces saveurs piquantes et intenses, mais je déguste toujours mon piment bouc avec modération.

4 Comments:

  1. Paul Romain

    Le piment rouge éveille en moi tant de souvenirs que je n’hésite pas a en ajouter dans le mamba acheté à l’étranger afin de me rappeler le goût du mamba piquant de lakay. Mais ce n,est pas pareil.

  2. François

    Je ne suis ni gourmet ni gourmand et encore moins un expert en matière de cuisine. Pourtant, c’est avec grande délectation que je savoure les anecdotes qui saupoudrent vos recettes. Elles me replongent dans mon enfance au milieu de frères et sœurs se réveillant dès l’aube avec l’arôme du café et se couchant, le soir, les narines chatouillées par l’odeur du lait bouilli à la cannelle après avoir englouti fruits, repas, sucreries et gâteries de toutes sortes. Merci

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    1. annick says: Post author

      Contente de pouvoir vous permettre de savourer autant de beaux souvenirs qui me donnent des idées d’ailleurs…café grillé…lait de vache frais… Merci à vous de me lire 🙂

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