Cela fait plus de trois ans que je me pose ces questions: que faire du blog? Comment faire grandir ma photographie?
Dans la vie, il nous arrive d’entamer de grandes aventures avec un objectif précis, pour être soudain confronté à des défis qui nous obligent à tout repenser. C’est un peu comme éplucher un oignon : chaque couche fait remonter des sentiments refoulés que l’on croyait oubliés.
J’ai lancé Tchakayiti après mes quatre années à l’université, il y a un peu plus de 10 ans. A l’époque, j’étais animée par le désir de faire briller notre cuisine en ligne, et surtout, de présenter nos plats sous leur plus beau jour. Voyez-vous, les photos disponibles sur la toile à l’époque…laissaient à désirer. J’irais même jusqu’à dire qu’elles étaient rebutantes.
Et pendant sept ans, Tchakayiti a grandi. Cette superbe aventure m’a aussi fait grandir.
Entretemps, beaucoup de choses ont changé. Les réseaux sociaux ont évolué, réclamant vidéo et aperçus de vie privée, ce qui ne me plait pas. D’autres créateurs culinaire, plus audacieux, ont conquis la toile. Mes photos ont été utilisées sans mon accord. J’ai vu des chefs s’approprier mes recettes. Mes emails de réclamations ont essuyé un mépris total.
Et la vie a suivi son cours, avec ses plus grands défis, dont ceux de mon Haiti chérie. Des épreuves épuisantes qui m’ont poussée à m’arrêter.
Pourtant, Tchakayiti m’a apporté du bonheur pendant ces années. Je me souviens encore de mes échanges avec cette belle communauté. J’ai découvert une passion pour la photographie culinaire.
Que m’arrive-t-il donc?
Aujourd’hui, je dois admettre que ce n’était pas que la vie et ses défis. Le manque de reconnaissance, la violation de mes droits d’auteur m’ont profondément touchée. Mais surtout, il y a moi. Je ne suis pas de ceux qui peuvent s’asseoir devant une caméra, se filmer ou étaler leur vie. Je le ferai pour mes clients – je suis propriétaire d’agence de marketing digital – mais pas pour moi. Je suis de ceux qui laissent parler leur plume…et leur caméra.
Mais de nos jours, cette approche ne suffit plus. Ce qui m’amène à cette grande question :
Que faire de Tchakayiti si je suis de ceux qui préfèrent rester derrière la caméra ?



