Et oui, le pilon est de retour sur le blog ! Et ce n’est pas le fruit du hasard. Cet ustensile de cuisine, en voie de disparition dans nos cuisines, mérite encore une fois de briller à travers mes écrits.
Avouons-le, nous avons tous cédé à la facilité des robots culinaires, moi la première ! Après tout, en quelques secondes, nos épis sont “blendées”, et on passe à autre chose. Je ne saurais le nier.
Mais alors, que devient notre bon vieux pilon en bois ?
Est-il réduit à devenir un objet déco qui nous rappelle notre Haïti d’antan ou, à être abandonné au fond d’un placard pour ne jamais en ressortir ?
Il y a quelques mois, une publication Instagram m’a stoppée net. L’auteur affirmait que, sans électricité, il était impossible pour les résidents d’une ville de province d’Haïti de préparer leur sòs pwa et de bien se nourrir. Vraiment ?! Dites-moi que c’est une mauvaise blague !
Comment croyez-vous que nos grand-mères cuisinaient ? Avec le pilon en bois bien sûr !
Abasourdie après la lecture de cette publication, je me suis rendue compte que j’avais négligé un détail important dans mon premier article dédié à cet outil culinaire dont j’avais limité le rôle à la préparation de notre epis local.
En réalité, notre pilon joue un rôle important dans nos cuisines !
En plus de sa mélodie aux “epis”, il a, tout au long de mon enfance, été le maestro de la purée de pois de notre sòs pwa, du giraumon de notre soupe joumou, ou encore des légumes de notre touffé…
Une version plus grande avec un pilon au manche long a aussi pendant des années transformé de manière rythmé les grains de café grillés en poudre. Lucie, une “abitan” de mon quartier vous en dirait long si elle vivait encore. Elle moulait religieusement ses grains de café…au pilon.

Je revis encore ces journées passées à observer notre cuisinière à l’œuvre, émerveillée par sa dextérité et par le martèlement saccadé, mais régulier, de son pilon. Chaque ingrédient composait sa propre symphonie sous les coups du pilon : le martèlement rythmé du café grillé, le doux murmure d’un mirliton ou d’un giraumon bouilli, ou encore l’harmonie parfumée des oignons, de l’ail, du poivre et du piment… De véritables symphonies culinaires !
Alors oui, les blenders et robots culinaires sont pratiques, mais ils ne remplaceront jamais la saveur et l’authenticité de notre pilon dont ils n’égalent pas non plus la cadence !
Derrière chaque coup de pilon, il y a un peu de notre histoire, de nos traditions et de notre savoir-faire qui fait toute la richesse de notre gastronomie.
Une tradition que nous perdons malheureusement… mais que nous pouvons choisir de préserver !
Alors, de retour à nos pilons ?




