Pour Haïti…

Cet article fait double emploi. En l’écrivant, je ne souhaite pas seulement présenter le blog aux nouveaux venus. Mais je souhaite surtout raviver en moi la passion que j’avais autrefois pour la rédaction de mes anecdotes culinaires; une passion qui s’est éteinte à petit feu au cours de ces dernières années.

Voyez-vous, ces derniers temps, nous avons un rapport amour-haine, Haïti et moi. Il m’est très difficile, pour ne pas dire, quasiment impossible, de témoigner beaucoup d’amour à Haïti. Je suis fatiguée. Haïti me brise le cœur au quotidien, et j’ai tendance à vouloir baisser les bras. 

Cependant, je ne saurais ignorer le fait que, lorsque j’ai lancé ce blog en 2014, je me donnais pour mission de présenter Haïti sous un jour plus positif à travers sa cuisine. Quoiqu’il arrive, je dois m’en tenir à cette mission.

Haïti et moi avons autant besoin l’un de l’autre, après tout. 

Si je n’étais pas née et je n’avais pas grandi ici, ce blog n’aurait jamais vu le jour.

C’est ce que la lecture de quelques-uns des tous premiers articles que j’ai publiés m’a rappelée. Mes photos du début laissent beaucoup à désirer, c’est certain – ma photographie s’est tellement améliorée au fil dans ans – mais je suis sacrément fière de ce que ces mots révèlent sur ma vie ici. J’ai eu une belle enfance.

Des articles comme ceux qui racontent mes escapades en montagne en famille, ou mes aventures sur ce qui était autrefois « mon » sommet me rappellent qu’Haïti ne m’a tout de même pas complètement fait tort. Si j’avais grandi ailleurs, je n’aurais jamais apprécié les fruits de notre fructueux jardin. Je n’aurais pas non plus appris à casser des zanmann ou à rendre des adultes fous en cueillant des cerises de branches peuplées de fourmis rouges. Je ne pourrais pas parler avec tendresse de gou lari a, cette saveur de rue cachée dans les crevettes frites du Carrefour “tifou” ou dans les sachets en plastiques de papita salés.

Sans nos magnifiques plages, je n’aurais pas ces gourmands souvenirs de lambi boukannen ou d’ huîtres fraîches vite avalées sous le soleil des Caraïbes. Je n’aurais pas envie de ces tablèt pistaches collantes dégustées sur le chemin du retour après un week-end en bord de mer. En parlant de plage… Je ne me suis pas prélassée au soleil sur l’une de nos plages depuis 2018…

Mais attendez, je m’égare, cet article se veut positif…

These plantain tortillas are light and airy. They're perfect for your tacos. | tchakayiti.com

Comment ne pas aimer cette terre qui a inspiré tant d’articles et m’a donné de belles anecdotes culinaires et des souvenirs de famille inoubliables.

Sans nos piments bouc, je n’aurais jamais pu me moquer de ce type au visage rouge ou parler des boutades familiales autour d’une assiette d’accras, ou de ce cousin espiègle et son amour du graten.

J’ai pu tirer tant d’histoires et créer tant de recettes gourmandes grâce à ma vie ici.

Sans Haïti, je n’aurais sans doute jamais fait cette aventure au manioc, ou créé cette tarte pot-pourri aux agrumes,  ces tortillas de bananes ou ces coquilles de tacos croustillantes au veritab. Je n’aurais certainement plus jamais mangé de blé de ma vie si ce blog n’avait pas inspiré ma salade de blé.

Infused with fresh parsley and peppermint leaves, this red bulgur salad is light and fluffy. And it's a breeze to make. | tchakayiti.com

Je ne saurais ignorer ma nouvelle passion pour la photographie culinaire.

Si Haïti n’avait pas inspiré ce blog, je ne serais probablement pas tombée amoureuse de cet art. Oui, j’ai toujours aimé la cuisine et le stylisme culinaire, mais sans Tchakayiti et mon envie de parler de notre cuisine, je n’aurais pas acquis les compétences nécessaires pour partager ces clichés gourmands avec le monde.

Et voilà, chers lecteurs, quelques-unes des raisons pour lesquelles je choisis, malgré tout, d’être reconnaissante envers ce pays qui me malmène depuis quelques temps.

Pour ces histoires, et celles que je tarde encore à raconter, je te dis : merci, Haïti Chérie…

Ceci dit, pour me remonter le moral, je vais continuer la lecture de mes anciens articles. J’espère que vous aussi, vous y trouverez un peu de réconfort.

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3 Comments

  • Florence Delimon Theramene

    Je dis tout simplement: « Bravo Annick, continue ». Notre pays est certainement dur à vivre, mais il est plein de moments enchanteurs qui fait de lui ce qu’il est, et de toi ce que tu es…

    • annick

      Merci Florence ! Meilleurs Vœux!

  • Paul Romain

    Ces anecdotes m ont fait aimer tchakayti.

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